nov 9 2009

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fév 3 2010

Les 24h du JDR

Voici en avant première l’illustration pour l’affiche de la prochaine convention de la Guilde à Poitiers : les 24h du JDR.


jan 7 2010

Le réalisme est une chimère

Nombre de rôlistes ne jure que par le sacro-saint réalisme.

C’est une idée qui n’apporte que peu de choses au JDR voire qui sème une véritable confusion.

1. Le réalisme est subjectif

On entend beaucoup parler de réalisme en regard d’un système et de la cohérence d’un univers : quand les éléments qui les constituent s’apparentent à la compréhension que l’on a du monde qui nous entoure. Cette compréhension passe aujourd’hui par les sciences principalement.

Or, imaginez des grecs dans l’antiquité jouant au JDR. Leur vision du monde n’avait que peu à voir avec celle d’un citadin occidental de nos jours. Les dieux étaient à l’origine de nombre de phénomènes qu’ils ne soumettaient pas à l’analyse. La superstition dominait en partie les mentalités. De même au moyen-âge, à tel point que la conception même des fictions en a été changée depuis lors : Un intervention divine (Deus ex machina) chez Sophocle ou Molière, c’était tout à fait cohérent et satisfaisant pour un spectateur de l’époque. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’explication de la grâce divine n’est plus satisfaisante, car notre conception de la réalité à changé. Qu’est-ce qui nous dit que notre conception de la physique aujourd’hui sera toujours jugée cohérente dans 50 ans ? De plus, même de nos jours, entre un catholique, un bouddhiste et un scientiste, il y a peu de chances que la représentation et la compréhension du monde soit la même.

Donc réaliste veut-il dire : « conforme à la représentation de la réalité des joueurs compte tenu de leur époque et de leurs croyances ? »

Ou peut-être simplement ce qui est suffisamment crédible pour que l’implication du joueur dans la partie se fasse sans effort ?

Je pense qu’entre le réalisme du système et le réalisme de la fiction, il y a deux problèmes différents, je vais donc les aborder séparément :

2. Le réalisme et la fiction

Dans l’histoire de l’art, en littérature ou en peinture, on a parlé de réalisme à partir du moment où les artistes et auteurs ont décidé de s’opposer à la vieille idée que seuls les nobles et les sujets religieux méritaient d’être représentés. Ils ont commencé à dépeindre la vie des gens du peuple sans complaisance, sans idéalisation. C’était un acte politique. Ainsi, Balzac, Zola, Flaubert et bien d’autres parlaient de la misère qui les entoure, des problèmes politiques, de castes et des passions humaines sans complaisance. Avec une volonté d’objectivation.

La littérature avant eux n’était-elle pas « crédible » ou vraisemblable ?

La richesse, la sobriété et la ressemblance avec une conception agnostique de la réalité, car c’est là il me semble ce qu’on appelle « réalisme » quand on parle d’univers de fiction a-t-elle plus de valeur qu’une conception onirique, surréaliste et métaphysique ? Est-elle plus tangible ? Y « croit »-on davantage ? Ne peut-on pas créer une logique extrêmement forte dans la structuration d’un univers, si celui ci est fantaisiste , qu’il en devient comparable au nôtre ? Même l’absurde fonctionne selon des principes logiques.

La majeure partie du temps, quand on utilise le mot réalisme, ne veut-on pas parler en fait de crédibilité, ou de tangibilité ?

Un ami prenait comme exemple d’univers réaliste Agone. On m’a également cité Pavillon Noir, prétextant que Renaud Maroy y expliquait que le supplice de la planche était une invention Hollywoodienne. Que cela n’existait pas dans la piraterie. Et là, on touche finalement à la dimension documentaire des JDR historiques. Un de mes professeurs disait que les films d’époque renseignaient toujours davantage sur l’époque à laquelle ils avaient été faits que l’époque qu’ils voulaient dépeindre. L’histoire est objectivante, mais des joueurs occidentaux contemporains s’impliqueront plus facilement dans un moyen-âge où ils pourront faire des choix moraux en phase avec leurs valeurs d’êtres humains du XXIe siècle, qu’un moyen-âge historique dans lequel les valeurs à défendre ne seront pas les leurs, voire leur seront difficiles à comprendre.

Donc…

Je pense que c’est la pertinence de la logique de sa conception qui rend une fiction « crédible ». Pas la quantité de détails ni la proximité avec notre vision de la vie. Patient 13 possède un univers extrêmement surréaliste, cela n’empêche pas les joueurs de s’impliquer et d’y « croire ». Prosopopée propose une sorte de liberté narrative onirique extrême aux joueurs et pourtant, le « droit au rêve » (The right to dream, cf. le Provisional Glossary) y est rarement brisé.

Mis à part dans son acception artistique, je propose de remplacer le terme réalisme par crédibilité, ou tangibilité afin de bien distinguer ses deux sens.

3. Le réalisme et le système

C’est dans cette étrange association que le fourvoiement me semble le plus significatif : « système réaliste ». On repère parfois des aberrations dans certaines règles de jeux, par exemple, les fameuses tables de localisation des dégâts.

Joueur : « je me mets en garde et je frappe l’orc  à mains nues »

MJ, lance son dé : « tu le touches au pied droit ».

On peut imaginer que le personnage trébuche et une fois à terre lui donne un coup de poing dans le pied… Ayant pratiqué quelques arts martiaux durant quelques années, je dois dire que je n’ai jamais vu personne frapper le pied de l’autre avec son poing. Il y a peut être des techniques, mais il faut avouer que c’est difficile à légitimer. Au final, cela brise notre « suspension of disbelief » (soit, le fait que l’on suspende, que l’on mette de côté notre incrédulité face à ce qui est narré, pour s’y impliquer, s’immerger dans la fiction).

On dit d’un système qu’il est réaliste, quand il est létal, par opposition aux systèmes de jeu dans lesquels on peut encaisser 5 balles dans le corps et survivre ou prendre une balle dans la tête et continuer de se battre. Bon, il y a une différence de partis pris, certes, mais elle est esthétique : il s’agit d’un canon différent. Les films de James Bond sont-ils moins crédibles que la série Hercule Poirot ? Si on meurt moins facilement, on prendra plus de risques et on tendra à une ambiance plus fantastique. Mais pourquoi en terme d’univers on se refuserait à opposer fantastique et réaliste alors qu’on le fait allègrement pour le système ?

Autre problème, majeur celui-là : comment peut-on estimer que quelque modélisation que ce soit ne simplifie pas les connaissances même les plus objectivantes que l’on a du monde ?

Il est impossible de prendre en compte les données physiques d’une balle qui rebondit en JDR. Les calculs pour parvenir à décrire sa trajectoire, la résistance de l’air, la déformation de son rebond en l’influence que cela peut avoir sur sa direction (etc.) si on voulait les prendre en compte de manière rigoureuse, simuler une partie de tennis deviendrait une horrible usine à gaz dans un JDR. Donc pour que ça reste jouable parce qu’appréhendable par des cerveaux humains, on simplifie et surtout on laisse les cerveaux humains faire ce qu’ils savent bien faire : des approximation, des interprétations.

Dans certains jeux, la localisation des dégâts se fait de la manière suivante : plus les dégâts sont élevés, plus cela signifie que l’on a atteint une partie sensible. c’est ce qu’on appelle la justification a posteriori. Ses avantages sont indéniables : ils évitent toutes les aberrations des règles de simulation en faisant confiance à la créativité des joueurs (MJ inclus), plutôt que de rajouter des conditions du type : si on utilise une arme courte, en fonction de la posture du personnage et de son adversaire, on se réfère à une autre table… (De cette manière, on ne fait que repousser le problème et compliquer terriblement les techniques de jeu pour des actions simples.)

Je recommande la lecture de cet article de Christopher Kubasik : http://ptgptb.free.fr/rpgnet/toolkit1.htm

Il y expose une critique pertinente des règles de simulation (cherchant à modéliser la réalité) face à celles plus narratives, concevant le JDR comme une histoire, une fiction.

Non, les points de vie ne sont pas réalistes. Non, ne pas prendre en compte la psychologie dans un combat ou dans une épreuve physique n’est pas réaliste : les sportifs savent à quel point le « mental » (comme ils disent) peut faire varier considérablement leurs performances.

Un système est une modélisation, une vision de la réalité. Si le JDR est appréhendé comme une fiction, il acceptera de ne plus être exhaustif, car par définition la fiction est incomplète, elle choisit et se focalise sur ce qu’elle veut aborder. Le JDR se recentrera sur ce qui importe, ce qu’il veut mettre en relief. Dans Psychodrame, je peux frapper mon interlocuteur d’un coup de poing. Mais les effets mécaniques ne s’intéresseront qu’aux conséquences psychologiques de l’acte : cela va-t-il le mettre en colère, faire baisser l’autre dans son estime ? Le conforter dans l’idée qu’il ne vaut rien ? Accroître son sentiment de faiblesse ? Et cela fonctionne d’autant mieux que ces conséquences sont soumises à interprétation par les joueurs et les incite à faire des liens de causalité entre les évènements de la fiction, les actes des personnages et leurs intentions, leur caractère.

Conclusion

En terme de système, le réalisme n’existe pas, car la nécessité de simplification pour rendre le jeu sinon fluide, au moins jouable, l’exclut d’emblée. Il reste deux choix : s’entêter à modéliser vos règles en référence à la « réalité » ou accepter le fait que le JDR n’est qu’une fiction où les possibilités deviennent infinies parce que soumises à des logiques qui ne sont pas inféodées à des jeux de causes et de conséquences prédéterminés, mais à l’interprétation des faits par les participants.


jan 4 2010

CR Prosopopée : La mélodie du néant (version épurée)

Prosopopée, retranscription de partie :

La mélodie du néant

Les médiums :

Celle qui se souvient, jouée par Magali

Celle aux yeux laiteux, jouée par Cécile

Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant, joué par Frédéric

Le paradigme : musique

Cécile : C’est l’automne, Celle aux yeux laiteux s’avance sur un chemin qui avance vers le sommet d’une colline en haut de laquelle une espèce de grande bâtisse en pierre se trouve. Une espèce de bâtiment carré, pas une forteresse, mais un peu dans ce style-là. S’approchant de la lourde porte en bois, elle entend une voix s’élever, un chant grégorien.

Frédéric donne un dé d’Offrande à Cécile car il apprécie son introduction.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant et Celle qui se souvient…

À l’adresse de Magali : … si tu es d’accord ?

Magali acquiesce.

… l’accompagnent.

(…)

Cécile : Alors que le chant atteint sa fin, une seule note persiste et semble ne pas vouloir s’arrêter.

Frédéric donne un nouveau dé à Cécile.

Frédéric : Cette note persiste et gagne en intensité de manière… de plus en plus… grande et du coup, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant pousse la porte et comme il s’y attendait, derrière la porte, il ne voit rien.

Magali donne un dé à Frédéric.

Frédéric : Il semble qu’en ce lieu quelque chose ait été soudainement anéanti.

Cécile : Celle aux yeux laiteux demande à Celui qui rétablit l’ordre ce qu’il voit exactement : est-ce que c’est simplement un manque de lumière, est-ce que c’est du néant, est-ce que c’est simplement la bâtisse qui a été détruite ?

Frédéric : Je pense qu’il s’agit bel et bien de néant, comme si finalement du néant était contenu dans l’intérieur de la pièce, mais alors qu’est-ce que nous avons entendu tout à l’heure, puisque le néant ne peut pas produire de musique que je sache ! Peut être qu’il est apparu à cause de la musique.

Frédéric place un dé de Problème à 3 en harmonie sur le Cercle des Couleurs.

Frédéric écrit à côté de la Couleur Harmonie : « Une mélodie qui fait naître le néant ».

Frédéric : Voilà ce que je crois : c’est que le chant que nous avons entendu, qui ressemblait à un chant monastique a sans doute été récité à l’envers et ce faisant, il a fait apparaître du néant.

Magali : Celle qui se souvient reconnaît le néant au grand sentiment de vide et de tristesse qui l’envahit. Je confirme qu’il s’agit bien de néant.

Frédéric donne un dé à Magali.

Frédéric : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j’ai bien envie d’aller dans ce vide pour voir ce qu’on peut y trouver.

Cécile : Celle aux yeux laiteux fait un pas de côté et sent une marche de bois, donc un escalier qui monte. Un escalier de bois se trouvant contre le mur extérieur.

Magali : Est-ce que l’un de vous a pu localiser d’où venait la mélodie ? Est-ce qu’elle vous paraissait lointaine, proche ? Quelle sensation vous avez ?

Frédéric : Moi je la trouve lointaine alors que cette salle… vue de l’extérieur cette maison n’est pas très grande, donc si nous l’entendons de cette manière là, il est possible qu’en fait à l’intérieur de cette bulle de néant, qui est formée à l’intérieur de ce bâtiment, il est possible qu’il y ait quelque chose… peut être que les distances sont énormément élargies et ce serait intéressant d’aller voir.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant plonge donc dans la noirceur de la maison.

(…)

Magali : Alors qu’il s’engouffre dans le néant, il sent sur sa peau comme un contact mouillé…

Cécile : Visqueux ?

Magali : … et visqueux, il commence à avoir du mal à respirer.

Frédéric et Cécile donnent chacun un dé à Magali

Frédéric : Mais la note qu’il entendait de l’extérieur est bien plus présente et il arrive à entendre l’endroit d’où elle provient. C’est pas grave… s’il faut que j’y aille en apnée, j’irai.

Pendant ce temps, quelqu’un descend les marches de l’escalier.

(…)

Rires

Cécile et Magali donnent un dé à Frédéric

Au début, vous voyez cette personne qui descend, c’est un homme jeune avec une barbe assez foisonnante, toutefois et des cheveux longs. Mais ce qui vous paraît bizarre, c’est que… c’est comme si son volume était inversé.

Cécile : Et donc Celle qui se souvient le décrit Parce que vu que j’y vois rien…

Rires

Magali : c’est fou, ça, c’est comme si son volume était creux !

Cécile : Celle aux yeux laiteux tend la main vers la source du bruit des pas – qui s’est rapprochée – et ne rencontre rien de tangible.

Frédéric et Magali lui donnent chacun un dé.

Frédéric (endossant le rôle de l’homme au volume inversé) : C’est normal… une partie de moi n’est plus dans la même partie du monde que celle où vous vous trouvez à présent. Mais pour autant, je peux vous parler.

Cécile : Vous voulez dire que votre corps tangible est dans une autre dimension ?

Frédéric : C’est un peu ça, oui.

Magali : Que vous est-il arrivé ?

Frédéric : Quelque chose de singulier : j’étais en train de composer une nouvelle musique, un nouveau chant et visiblement, quelque chose dans la structure de ce chant a chamboulé la réalité…

Magali donne un dé à Frédéric.

Frédéric : … dans ma maison.

Cécile : Et qu’y a-t-il en haut de la tour ?

Frédéric : En haut de la tour ? Et bien…

(…)

Cécile : En haut de la tour se trouve la cloche qui me sert à donner la note de base de tous mes chants.

Frédéric donne un dé à Cécile.

Cécile : Mais avant mon tout dernier chant, une pierre noire est tombée dessus, du ciel, et elle semble avoir été fêlée. Malgré tout, j’ai continué à créer mon chant.

Magali donne un dé à Cécile.

Frédéric : Donc la pierre est tombée sur la cloche… ça pourrait être Harmonie… non, Éléments ! Éléments à 4.

Il place un dé sur le Cercle des Couleurs à 4 sur la Couleur Éléments et note à côté : « Pierre noire tombée du ciel a désaccordé la cloche qui sert de diapason. »

Frédéric : Pendant ce temps, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant nage dans ce néant épais et poisseux…

Magali lui donne un dé.

Frédéric : … et progressivement ses yeux s’acclimatent au néant et l’obscurité totale finit par luire d’une lueur de plus en plus blanche. Il se trouve là au milieu de nulle part, avec pour seul repère la note qui résonne en continu.

Cécile donne un dé à Frédéric.

Cécile : alors que Celui qui rétablit l’ordre avance dans le néant, il semble percevoir à quelques mètres de lui, venant du sol, une lumière noire… et se retrouve en présence d’une pierre noire au sol.

Frédéric et Magali lui donnent un dé.

(…)

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant se penche sur la pierre noire et lorsqu’il regarde dedans, elle miroite un environnement qui n’est absolument pas celui qui l’entoure : ça ressemble à l’intérieur d’une maison dans laquelle plein d’instruments de musique sont entreposés un peu partout.

Cécile lui donne un dé.

Frédéric : Il a beau regarder autour de lui, uniquement cette lumière, ce blanc poisseux et la lumière noire qui émane de la pierre.

Magali : Et en regardant plus précisément la pierre, il aperçoit un très vieil homme assis dans un rocking-chair en train de se balancer et il voit à côté de lui sur une table un violon auquel il semble manquer des cordes.

Cécile et Frédéric lui donnent chacun un dé.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant décide de sortir du néant, de retourner à l’extérieur de ce lieu car il pense qu’il n’a pas la sensibilité nécessaire pour pouvoir rétablir l’harmonie tel qu’elle devrait être. Pendant ce temps, à l’extérieur de la maison, l’homme en creux vous dit : Venez voir la cloche-diapason, peut-être que vous pourrez faire quelque chose. Moi en tout cas, vu que je suis intangible, je ne peux pas la réparer.

Cécile : Celle aux yeux laiteux suit l’homme en creux.

À l’adresse de Magali : tu viens avec nous ?

Magali : Oui.

Cécile : Celle qui se souvient suit aussi.

Frédéric : Au sommet de la tour, vous voyez que la cloche, une très belle cloche avec de jolis ornements végétaux est percée de part en part, d’un trou de la taille d’une main. Et ça a fissuré toute la surface. Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant sort de la maison et voit que ses camarades ne sont plus là.

Cécile : Celle aux yeux laiteux demande à… l’homme en creux, s’il connaît la note qu’émet la cloche.

Frédéric : Il dit : Malheureusement, je ne suis pas sûr que la note que je pourrais vous faire soit exactement la même que dans l’autre dimension. Il est possible qu’il y ait un filtre qui gêne. Et le problème, c’est que mon violon qui ne se désaccorde jamais n’a plus de cordes. Donc je ne peux pas vous aider.

Cécile donne un dé à Frédéric.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant appelle Celle qui se souvient et Celle aux yeux laiteux pour essayer de savoir où elles sont passées.

Magali : Celle qui se souvient redescend l’escalier et lui fait signe de monter jusqu’à la cloche.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant suit Celle qui se souvient.

Rires

Cécile : Celle aux yeux laiteux pense que si l’homme en creux chante par le trou de la cloche – le trou qu’a créé la pierre – la note sera probablement la bonne. Et donc la cloche résonnera de la bonne note.

Cécile utilise la médiation Intuition pour tenter de résoudre le problème d’Élément.

Cécile lance les dés et obtient 3 succès au lieu de 4.

Frédéric : À ce moment-là, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant intervient en disant : J’ai vu la pierre qui avait traversé la cloche – reconnaissant donc dans la cloche en question, la forme bien caractéristique de la pierre : en forme d’amande – et je pense qu’il faut prendre en compte une chose importante, car j’ai vu dans cette pierre le reflet d’un homme qui ressemble étrangement à ce cher monsieur…

Cécile : À l’homme en creux.

Frédéric : Voilà. Il me semble que je vous ai vu vous, en tout cas c’était votre portrait craché, mais en beaucoup plus vieux. Donc je pense qu’en fait il faut faire attention, de quel côté – vu que la cloche est percée en deux endroits – il faut qu’il se mette et à ce moment-là, l’homme change de côté et on le voit vieillir et en vieillissant, il redevient… au lieu d’être en creux, il redevient en plein.

Frédéric donne deux dés d’aide à Cécile.

Elle lance les deux dés et obtient un succès supplémentaire elle a donc 4 succès.

Frédéric : On défausse tout ça (il défausse les dés utilisés), donc c’est une réussite parfaite à 4. Donc et bien on va raconter tous les deux comment on résout ça et ça (montrant les deux dés de Problème sur le Cercle des Couleurs). Donc tu peux commencer à expliquer ce qui se produit.

Cécile : Alors que l’homme en creux qui est redevenu plein lance une note claire à travers le trou créé par la pierre dans la cloche, la cloche se met à vibrer de la même note et à vibrer d’une ampleur sonore assez conséquente…

Frédéric : Et en fait cette note…

… Je te propose…

… c’est le négatif de la note qu’on a entendu en arrivant.

Frédéric : Du coup les deux se mélangent, s’annulent et recomposent finalement une note pleine, réelle qui fait disparaître le néant dans la maison.

Frédéric : Et voilà, c’est pas mal comme fin, je trouve ! On peut ajouter :

Le vieil homme qui est redevenu plein retourne dans sa maison, il trouve la pierre au milieu du salon et prend son violon et joue une mélodie.

Magali : Donc son violon a retrouvé des cordes.

Frédéric : Oui. Voilà, qu’en pensez-vous ?

Magali acquiesce.

Cécile : J’ajoute… et qui entend ce que le vent lui souffle, attribut d’élément sur ma fiche de personnage.

Cécile : Le mec habite dans une forteresse, quand même !

Rires

Durée totale : 37:15


jan 4 2010

CR Prosopopée : Le Lien

Prosopopée : Le lien

Joueurs et leurs Médiums :

Celle qui se souvient, jouée par Magali

Celle aux yeux laiteux et qui entend ce que le vent lui souffle, jouée par Cécile

Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant, joué par Frédéric

Paradigme : le lien

Magali : Il fait très très chaud, c’est la canicule. Celle qui se souvient se rend en ville, la plus grande cité connue aux alentours, car elle a entendu parler d’un marché très impressionnant, avec de nombreux artisans. Elle aime beaucoup l’animation, le mouvement qui font partie de ces évènements. Donc elle se rend dans cette cité et en se baladant dans les ruelles elle sent comme un malaise, un froid qui lui glace un peu le sang et elle remarque… elle pense d’abord que c’est anecdotique, mais elle remarque que les gens ne se regardent pas.

Frédéric donne un dé d’Offrande à Magali car il apprécie l’orientation qu’elle donne à ce début d’histoire.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant se trouve dans la maison d’un haut dignitaire de la cité. C’est la fille du dignitaire en question qui l’a appelé. La fille du dignitaire possède une chevelure extrêmement longue dont on ne voit pas le bout quand elle se trouve dans la même pièce que vous.

Magali et Cécile donnent chacune un dé d’Offrande à Frédéric.

Frédéric : Et en fait, depuis qu’elle est promise à un jeune prince, leurs cheveux ont été tressés ensemble.

Exclamation de Magali qui donne un dé à Frédéric.

Frédéric pose un problème en harmonie à 4 sur le fait que « les gens ne se regardent pas », ce qu’il note sur le cercle des couleurs.

Cécile : Celle aux yeux laiteux arrive dans la grande ville car elle a entendu dire qu’un jeune prince avait disparu. Il était promis à une jeune fille de la ville et leurs cheveux ayant été attachés et ceux de la jeune fille étant trop longs, on a perdu de vue le prince.

Rires, Frédéric et Magali donnent chacun un dé à Cécile.

Silence

Magali : Ça surprend Celle qui se souvient, donc elle essaie de vérifier si son intuition est la bonne : elle s’adresse à une petite fille qui est en train de jouer avec des billes dans la rue. Et elle lui demande de lui indiquer le chemin pour trouver le marché. Elle se rend compte qu’en effet, le regard de la petite fille ne croise pas le sien, mais surtout, c’est comme si leurs regards étaient deux aimants qui se repoussent.

Frédéric et Cécile donnent chacun un dé à Magali.

Magali : Celle qui se souvient est toujours avec la petite fille qui joue aux billes. La petite fille semble vraiment se mettre dans un état de colère, comme si elle était vexée par ce que Celle qui se souvient venait lui demander. Elle part en courant. Celle qui se souvient remarque que dans cette ville, habituellement l’ambiance était calme et sereine, bien qu’animée. Et autour d’elle, elle se rend compte que des disputes éclatent un peu partout. Les gens partent en boudant et en claquant des portes, c’est comme si les gens ne se comprenaient plus.

Cécile : Celle aux yeux laiteux s’avance dans la ville et s’adresse à un homme aux cheveux bruns pour lui demander le chemin qui mène vers la fille aux cheveux extraordinairement longs.

Magali donne un dé à Cécile.

Cécile : Celui-ci détourne son regard et la bouscule. Celle aux yeux laiteux se rattrape pour ne pas tomber, mais elle a comme une sensation de fil d’araignée sur le visage et les bras et se rend compte que ces fils viennent viennent de la personne qui vient de la bousculer. Ce ne sont pas des fils d’araignée, mais des cheveux.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant est toujours face à la jeune fille aux cheveux incroyablement longs, qui lui dit : « il y a quelque chose d’étrange dans la cité, comme si les gens se repoussaient sans cesse. La personne à laquelle je suis promise, dont les cheveux sont attachés aux miens est comme repoussée : quand je me trouve à un endroit, lui se trouve à l’opposée de la ville. » Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant dit : « C’est vrai ? Hum, j’aimerais qu’on réunisse dans cette pièce une vingtaine de gardes… j’aimerais mener une petite expérience, pour voir. »

Silence.

Frédéric : La vingtaine de gardes est convoquée et assemblée dans la salle et ils sont tous mis en cercle les uns en fasse des autres et étrangement, leurs regards balayent sans arrêt, aucun n’arrive à croiser le regard d’un autre et comme ils ne peuvent le poser nulle part, leurs yeux s’affolent dans leurs orbitent.

Magali : Et d’ailleurs, certains ne tiennent pas et préfèrent quitter la salle malgré le risque qu’ils encourent d’être châtiés. D’autres ne peuvent s’empêcher de trépigner et d’émettre des cris de colère. La tension monte.

Cécile donne un dé à Magali.

Frédéric : Alors, la fille les fait sortir et retourner à leurs quartiers.

Silence

Frédéric : Dans la ville, progressivement, des disputes et des bagarres se font de plus en plus présentes.

Frédéric place un dé à 3 sur abstractions : « l’ordre est rompu ».

Magali : Et peu à peu, chacun se terre chez soi. Les gens s’isolent de plus en plus et évitent tout contact avec l’autre tellement c’est insupportable de ne pas pouvoir se regarder dans les yeux. Et la ville se meurt peu à peu, car elle vivait grâce à l’animation et aux transactions.

Frédéric donne un dé à Magali

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre dit à la femme aux cheveux incroyablement longs : « Mais si je suis votre chevelure, je devrais parvenir jusqu’à lui. » Elle dit : « pas si sûr, regardez par la fenêtre… » La chevelure se répand par la fenêtre et forme des nœuds et tout un réseau de cheveux qui semblent passer à travers un grand nombre d’interstices et de rues…

Cécile et Magali donnent chacune un dé à Frédéric.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant, décide, néanmoins, de suivre la plus grande mèche de cheveux qui est tressée pour essayer de voir où elle conduit. Il marche dessus, passe à travers quelques fenêtres et s’excuse auprès des gens qu’il dérange…

Magali : De toutes façons on ne le regarde pas et on ne fait pas attention à lui.

Frédéric : Il finit par arriver devant un énorme nœud de cheveux qui est comme en train de se tirer sans cesse dans différentes directions. Et donc il y a quelque chose qui cloche avec ces liens entre ces deux chevelures. Il est tout à fait possible que ce soit là l’origine du problème… mais pourquoi ces deux personnes, finalement ont produit un tel phénomène ? C’est un peu étrange… Il réfléchit longuement. Sa théorie, c’est qu’en fait il est fort probable que le prince ne soit pas vraiment amoureux et qu’à force d’essayer de fuir la fille du haut dignitaire, il a créé cet umbroglio de cheveux à travers la ville et cela s’est répercuté sur le caractère des gens.

Frédéric utilise la médiation science et lance ses dés contre le problème en harmonie à 4 : il n’obtient que 3 succès, c’est donc raté.

Cécile : Celle aux yeux laiteux sentant les cheveux lui caresser le visage en attrape au vol et elle entend quelques pas plus loin une personne faire « aïe » !

Magali lui donne un dé.

Cécile : S’aidant de la mèche comme d’un lien, elle arrive auprès du jeune homme et sent que les cheveux arrivent non seulement à sa tête, mais aussi à ses bras et ses jambes, il est pris dans les cheveux…

Frédéric : Complètement emmêlé, donc…

Frédéric donne un dé à Cécile.

Cécile : Celle aux yeux laiteux demande à celui qui est emmêlé dans les cheveux comment il en est arrivé là.

Cécile utilise la médiation perception et donne deux dés à Frédéric qui les lance et obtient une réussite supplémentaire, l’échec se transforme donc en réussite parfaite.

Frédéric : « Mais c’est bien sûr ! Il suffit de faire refaire à l’homme le chemin inverse ou bien de couper les cheveux pour que les choses retournent dans l’ordre. » À ce moment là, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant, s’empare d’une paire de ciseaux chez un barbier et décide de couper le nœud. Ça lui prend beaucoup de temps… Mais finalement il y parvient.

Frédéric défausse les deux dés de Problème du Cercle des Couleurs et les dés d’Offrande utilisés. Cécile poursuit la narration de réussite :

Cécile : Au moment où Celui qui rétablit l’ordre coupe les dernières mèches de cheveux emmêlés, les cheveux autour du corps du jeune prince tombent comme un gros paquet de nœuds à ses pieds. Il est enfin débarrassé.

Frédéric : La jeune femme sent qu’il n’y a plus ce poids qui tire ses cheveux et comprend alors que finalement son promis devait ne pas l’aimer autrement, jamais il n’en serait arrivé à une telle solution. Elle pleure… Et donc progressivement, les gens ne sont plus victimes de cette tension qui s’était tissée à travers la ville et progressivement, ils recommencent à se regarder et à échanger entre eux, ce qui rétablit le fonctionnement de la cité.

Frédéric raconte comment son Médium gagne un nouvel attribut :

Frédéric : Fort de ce véritable succès, il comprend finalement mieux les relations entre les gens. Il ajoute à la suite de ses attributs : « et comprend les relations ».

Les joueurs décident d’arrêter la partie à ce stade.

Durée : 36:00


déc 15 2009

Prosopopée, retranscription de partie : La mélodie du néant

Prosopopée, retranscription de partie :

La mélodie du néant

Les médiums :

Celle qui se souvient, jouée par Magali

Celle aux yeux laiteux, jouée par Cécile

Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant, joué par Frédéric

Le paradigme : musique

Cécile : C’est l’automne, Celle aux yeux laiteux s’avance sur un chemin qui avance vers le sommet d’une colline en haut de laquelle une espèce de grande bâtisse en pierre se trouve. Une espèce de bâtiment carré, pas une forteresse, mais un peu dans ce style-là. S’approchant de la lourde porte en bois, elle entend une voix s’élever, un chant grégorien.

Frédéric donne un dé d’Offrande à Cécile car il apprécie son introduction.

Frédéric : Une question : est-ce qu’on pourrait être toujours ensemble, vu qu’on s’est rencontrés à la dernière partie ?

Cécile : Ouais, c’est vrai que je ne me suis pas posé la question…

Frédéric : Bon, OK.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant et Celle qui se souvient…

À l’adresse de Magali : … si tu es d’accord ?

Magali acquiesce.

… l’accompagnent.

(…)

Comment ça se finit, ta narration ? Il y avait un chant grégorien et derrière la porte…

Cécile : En s’approchant de la porte, elle entend un chant grégorien.

(…)

Frédéric : OK, comment enchaîner avec ça ?

Cécile : Alors que le chant atteint sa fin, une seule note persiste et semble ne pas vouloir s’arrêter.

Frédéric donne un nouveau dé à Cécile.

Frédéric à Magali : t’es déjà jalouse ? (Rire)

Magali : Ben j’ai rien dit !

Frédéric : Je rigole

Magali : Je ne vais pas demander des dés alors que j’ai rien dit ! Non, mais je trouve que t’es généreux par rapport à la dernière partie. (Rires)

(…)

Magali : Non, mais vas-y, parce que je suis pas inspirée.

Frédéric : Cette note persiste et gagne en intensité de manière… de plus en plus… grande et du coup, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant pousse la porte et comme il s’y attendait, derrière la porte, il ne voit rien.

Magali donne un dé à Frédéric.

Frédéric : Il semble qu’en ce lieu quelque chose ait été soudainement anéanti.

Cécile : Celle aux yeux laiteux demande à Celui qui rétablit l’ordre ce qu’il voit exactement : est-ce que c’est simplement un manque de lumière, est-ce que c’est du néant, est-ce que c’est simplement la bâtisse qui a été détruite ?

Frédéric : Je pense qu’il s’agit bel et bien de néant, comme si finalement du néant était contenu dans l’intérieur de la pièce, mais alors qu’est-ce que nous avons entendu tout à l’heure, puisque le néant ne peut pas produire de musique que je sache ! Peut être qu’il est apparu à cause de la musique.

Frédéric place un dé de Problème sur le Cercle des Couleurs.

J’hésite entre Harmonie, Vide ou Abstractions… Hmmm, hop, je mets le dé de problème à 3 sur Harmonie.

Frédéric écrit à côté de la Couleur Harmonie : « Une mélodie qui fait naître le néant ».

Frédéric : Voilà ce que je crois : c’est que le chant que nous avons entendu, qui ressemblait à un chant monastique a sans doute été récité à l’envers et ce faisant, il a fait apparaître du néant.

Magali : Celle qui se souvient reconnaît le néant au grand sentiment de vide et de tristesse qui l’envahit. Je confirme qu’il s’agit bien de néant.

Frédéric donne un dé à Magali.

Frédéric : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j’ai bien envie d’aller dans ce vide pour voir ce qu’on peut y trouver.

Cécile : Est-ce que je peux proposer une alternative ?

Frédéric : Oui, laquelle ?

Cécile : Celle aux yeux laiteux fait un pas de côté et sent une marche de bois, donc un escalier qui monte.

Frédéric : À l’intérieur de la pièce ?

Cécile : En fait je ne sais pas s’il est dehors ou dedans, mais a priori c’est plus logique dedans… Ah oui, c’est qu’on n’est pas entrés, pardon.

Frédéric : Non, on a juste ouvert la porte.

Cécile : C’est pas très logique alors.

Frédéric : Ben pourquoi pas ?

Cécile : Ouais, remarque… c’est vrai qu’il y a pas tellement de logique en fait…

Magali : Oui, ça reste plutôt logique…

Cécile : Donc un escalier de bois se trouve contre le mur extérieur.

Magali : Est-ce que l’un de vous a pu localiser d’où venait la mélodie ? Est-ce qu’elle vous paraissait lointaine, proche ? Quelle sensation vous avez ?

Frédéric : Moi je la trouve lointaine alors que cette salle… vue de l’extérieur cette maison n’est pas très grande, donc si nous l’entendons de cette manière là, il est possible qu’en fait à l’intérieur de cette bulle de néant, qui est formée à l’intérieur de ce bâtiment, il est possible qu’il y ait quelque chose… peut être que les distances sont énormément élargies et ce serait intéressant d’aller voir.

Juste pour précision, j’ai toujours pas compris si l’escalier était à l’intérieur de la pièce ou l’extérieur.

Cécile : À l’extérieur.

Frédéric : Il monte sur le mur, quoi ?

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant plonge donc dans la noirceur de la maison.

(…)

Frédéric : Qu’est-ce qu’il y voit ?

Rires

Magali : Il sent sur sa peau…

Je peux dire ce qu’il sent ou pas ?

Frédéric : Oui

Magali : Je suis pas au clair avec ça.

Frédéric : T’as pas le droit de contrôler les actes, les pensées et les paroles de mon personnage.

Magali : D’accord.

Frédéric : Mais ses perceptions si, tu as le droit.

Magali : Alors qu’il s’engouffre dans le néant, il sent sur sa peau comme un contact mouillé…

Cécile : Visqueux ?

Magali : … et visqueux, il commence à avoir du mal à respirer.

Frédéric et Cécile donnent chacun un dé à Magali

Frédéric : Mais la note qu’il entendait de l’extérieur est bien plus présente et il arrive à entendre l’endroit d’où elle provient. C’est pas grave… s’il faut que j’y aille en apnée, j’irai.

Pendant ce temps, quelqu’un descend les marches de l’escalier.

(…)

Rires

Cécile et Magali donnent un dé à Frédéric

Au début, vous voyez cette personne qui descend, c’est un homme jeune avec une barbe assez foisonnante, toutefois et des cheveux longs. Mais ce qui vous paraît bizarre, c’est que… c’est comme si son volume était inversé.

Magali : Comme si son volume était inversé !? Il est en creux au lieu d’être en volume ?

Frédéric : Oui, voilà.

Cécile : Et donc Celle qui se souvient le décrit Parce que vu que j’y vois rien…

Rires

Magali : c’est fou, ça, c’est comme si son volume était creux !

Cécile : Celle aux yeux laiteux tend la main vers la source du bruit des pas – qui s’est rapprochée – et ne rencontre rien de tangible.

Frédéric et Magali lui donnent chacun un dé.

Frédéric (endossant le rôle de l’homme au volume inversé) : C’est normal… une partie de moi n’est plus dans la même partie du monde que celle où vous vous trouvez à présent.

Magali : C’est qui qui parle ?

Frédéric : l’homme barbu.

Frédéric : Mais pour autant, je peux vous parler.

Cécile : Vous voulez dire que votre corps tangible est dans une autre dimension ?

Frédéric : C’est un peu ça, oui.

Magali : Que vous est-il arrivé ?

Frédéric : Quelque chose de singulier : j’étais en train de composer une nouvelle musique, un nouveau chant et visiblement, quelque chose dans la structure de ce chant a chamboulé la réalité…

Magali donne un dé à Frédéric

Frédéric : … dans ma maison.

Cécile : Et qu’y a-t-il en haut de la tour ?

Frédéric : En haut de la tour ? Et bien…

(…)

Qu’est-ce qu’il pourrait y avoir ?

Rires

Frédéric : Si t’as une idée d’ailleurs, tu peux prendre la relève.

Cécile : En haut de la tour se trouve la cloche qui me sert à donner la note de base de tous mes chants.

Frédéric donne un dé à Cécile.

Frédéric : C’est bien, ça ! C’est un diapason en quelque sorte.

Cécile : Mais avant mon tout dernier chant, une pierre noire est tombée dessus, du ciel, et elle semble avoir été fêlée. Malgré tout, j’ai continué à créer mon chant.

Magali donne un dé à Cécile.

Frédéric : Donc la pierre est tombée sur la cloche… ça pourrait être Harmonie… non, Éléments ! Éléments à 4.

Il place un dé sur le Cercle des Couleurs à 4 sur la Couleur Éléments et note à côté : « Pierre noire tombée du ciel a désaccordé la cloche qui sert de diapason. »

Magali : C’est quoi un diapason ?

Cécile : C’est une espèce de fourche en métal qui donne quand tu la tapes une note qui est toujours la même et en musique, c’est souvent le La qui s’appelle le La 440 qui sert de référence, c’est la note du téléphone…

Magali : Ah, oui, je sais.

Frédéric : Ça a une forme un peu comme ça (il fait un dessin) et ça vibre.

Cécile : En fait c’est la note qui te sert à accorder les instruments.

Magali : OK.

Frédéric : Pendant ce temps, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant nage dans ce néant épais et poisseux…

Magali lui donne un dé.

Frédéric : … et progressivement ses yeux s’acclimatent au néant et l’obscurité totale finit par luire d’une lueur de plus en plus blanche. Il se trouve là au milieu de nulle part, avec pour seul repère la note qui résonne en continu.

Cécile donne un dé à Frédéric.

Magali : Trou noir pour moi, je ne suis pas du tout dans mon élément…

Frédéric : C’est pas grave, tu peux aussi laisser ton personnage un peu de côté et te concentrer sur le reste.

Cécile : alors que Celui qui rétablit l’ordre avance dans le néant, il semble percevoir à quelques mètres de lui, venant du sol, une lumière noire… et se retrouve en présence d’une pierre noire au sol.

Frédéric et Magali lui donnent un dé.

(…)

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant se penche sur la pierre noire et lorsqu’il regarde dedans, elle miroite un environnement qui n’est absolument pas celui qui l’entoure : ça ressemble à l’intérieur d’une maison dans laquelle plein d’instruments de musique sont entreposés un peu partout.

Cécile lui donne un dé.

Frédéric : Il a beau regarder autour de lui, uniquement cette lumière, ce blanc poisseux et la lumière noire qui émane de la pierre.

Magali : Et en regardant plus précisément la pierre, il aperçoit un très vieil homme assis dans un rocking-chair en train de se balancer et il voit à côté de lui sur une table un violon auquel il semble manquer des cordes.

Cécile et Frédéric lui donnent chacun un dé.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant décide de sortir du néant, de retourner à l’extérieur de ce lieu car il pense qu’il n’a pas la sensibilité nécessaire pour pouvoir rétablir l’harmonie tel qu’elle devrait être. Pendant ce temps, à l’extérieur de la maison, l’homme en creux vous dit : Venez voir la cloche-diapason, peut-être que vous pourrez faire quelque chose. Moi en tout cas, vu que je suis intangible, je ne peux pas la réparer.

Cécile : Celle aux yeux laiteux suit l’homme en creux.

À l’adresse de Magali : tu viens avec nous ?

Magali : Oui.

Cécile : Celle qui se souvient suit aussi.

Magali : Oui. J’aimerai ne pas être là, mais c’est trop tard maintenant que j’y suis…

Frédéric : Oui mais c’est pas pour autant que t’es obligée de rendre ton personnage très présent.

(…)

Je regardais, moi j’ai 1 en sensibilité…

Cécile à Magali : T’es plus sensible que moi. Ah mais attends… t’es plus sensible mais t’as moins de perception…

Frédéric : C’est la sensibilité émotionnelle, pas perceptive.

Frédéric : Au sommet de la tour, vous voyez que la cloche, une très belle cloche avec de jolis ornements végétaux est percée de part en part, d’un trou de la taille d’une main. Et ça a fissuré toute la surface.

Cécile : Juste un petit break : Nos persos, ils sont capables de faire quoi ?

Frédéric : Tout ce que tu veux.

Cécile : N’importe quoi ?

Frédéric : Oui, par contre, si tu veux régler un problème, ça va être lié à tes médiations. Techniquement, ce sont un peu des demi-dieux, c’est un peu ça l’idée, mais après ce que tu vas lui faire faire il faut que ça nous plaise aussi. Si tout d’un coup, il prend une calebasse, qu’il en fait un ballon de rugby et qu’il shoote dans la cloche, bon, ben… on va peut être pas trouver ça génial.

Cécile : D’accord. Et rappelle-moi… (en montrant les scores des médiations) ça, c’est par rapport à…

Frédéric : Quand tu veux résoudre un problème, le chiffre indique la limite, quand tu lances les dés : il faut que tu fasses des chiffres inférieurs ou égaux au score de la médiation que tu possèdes pour avoir des succès, c’est le nombre de succès qui doit être égal au score du dé de Problème.

Cécile : D’accord.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant sort de la maison et voit que ses camarades ne sont plus là.

Cécile : Celle aux yeux laiteux demande à…

Comment tu l’as appelé ? Celui en creux ?

Frédéric : L’homme en creux…

Cécile : … l’homme en creux, s’il connaît la note qu’émet la cloche.

En gros s’il a l’oreille absolue, quoi…

Magali : Ah, d’accord !

Frédéric : Oui mais bon, c’était pas important de savoir qu’il a l’oreille absolue, tu peux très bien dire « oui je connais, c’est : Laaaaa » et voilà. Ne te sens pas dépassée par une fausse technicité…

Cécile : c’est juste que je ne savais pas si j’avais été très claire dans mon explication.

Frédéric : Si, enfin… (à Magali) Tu avais compris ça : qu’il connaissait la note et qu’il était capable de la retrouver ?

Magali : Pas particulièrement. Ben est-ce qu’il la connaît… Je sais pas. Bref !

Frédéric : Ben tu peux décider.

Magali : Décider quoi ?

Frédéric : Ben s’il la connaît la note, ou pas. Ça change rien.

Magali : Ben pourquoi c’est moi qui décide ?

Frédéric : Non, mais on peut décider toi, Cécile ou moi.

Magali : Oui, d’accord.

Frédéric : Il dit : Malheureusement, je ne suis pas sûr que la note que je pourrais vous faire soit exactement la même que dans l’autre dimension. Il est possible qu’il y ait un filtre qui gêne. Et le problème, c’est que mon violon qui ne se désaccorde jamais n’a plus de cordes. Donc je ne peux pas vous aider.

Cécile donne un dé à Frédéric.

Magali : J’ai du mal à faire tous les liens.

Cécile : Attends, on va avoir un soucis, parce que si lui, il est ailleurs, a priori il ne peut pas prendre ce qu’on lui donne…

Frédéric : Non.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant appelle Celle qui se souvient et Celle aux yeux laiteux pour essayer de savoir où elles sont passées.

Cécile : Où elles sont passées ?

Magali : Parce qu’il nous cherche.

Rires

Cécile : C’est vrai qu’il n’est pas avec nous !

Magali : Celle qui se souvient redescend l’escalier et lui fait signe de monter jusqu’à la cloche.

Frédéric : Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant suit Celle qui se souvient.

Rires

Magali : Super, le truc inintéressant !

Cécile : Je sais pas si ça peut marcher…

Cécile : Celle aux yeux laiteux…

Ah ouais mais non, ça va rien résoudre.

Frédéric : Pourquoi ? Si tu lances les dés, tu peux résoudre ce que tu veux.

Cécile : Ah, oui, c’est ça.

Frédéric : Et si tu résous celui-là parfaitement, l’autre disparaîtra aussi.

Cécile : Et pas l’inverse ?

Magali : Non, celui-là est à 4, l’autre est à 3.

Cécile saisit ses dés.

Frédéric : Pendant ce temps je peux continuer un peu, ou est-ce que tu veux tenter un truc maintenant ?

Cécile : C’est que je sais pas si ça résout vraiment le problème.

Frédéric : De toutes façons, on rendra ça cohérent après coup, c’est pas forcément nécessaire de le rendre cohérent à l’avance.

Cécile : Celle aux yeux laiteux pense que si l’homme en creux chante par le trou de la cloche – le trou qu’a créé la pierre – la note sera probablement la bonne. Et donc la cloche résonnera de la bonne note.

Frédéric : OK, donc tu veux utiliser une médiation ? Laquelle ?

Cécile : Ben du coup, Intuition, mais je sais pas si je peux.

Frédéric : Ouais, ouais. Donc lance autant de dés que tu veux parmi tous ceux que tu as. Tu vises quel dé là ?

Cécile : L’accord de la cloche.

Frédéric : D’accord. Donc tu en lances autant que tu veux, sachant que…

Cécile : Il faut que je fasse moins de…

Frédéric : Il faut que tu fasses 4 réussites, si t’en fais plus…

Cécile : Non, de moins de 5, pas de moins de 4.

Frédéric : Alors avec les dés il faut faire 5 ou moins

Cécile : Oui, c’est ça.

Frédéric : Et en tout il faut que t’aies au moins 4 dés qui fassent 5 ou moins.

Cécile : Au moins 4 dés qui fassent 5 ou moins, c’est pas difficile… Euh 5, c’est beaucoup ?

Magali : Ouais.

Frédéric : Oui, c’est plutôt facile. Après, à quel point tu pousses ta chance…

Cécile (en même temps) : Après est-ce que je vais avoir de la chance ou pas ?

Frédéric : Et d’ailleurs si jamais tu rates, tu perds tous tes dés.

Cécile : Oui, c’est vrai.

Magali : Ouais, mais bon, qui ne tente rien n’a rien.

Cécile : En plus je sais que vous pouvez m’aider.

Cécile lance les dés et obtient 3 succès.

Frédéric : À ce moment-là…

À Magali : tu veux l’aider ou pas ?

Magali : Non, vas-y.

Frédéric (reprend) : À ce moment-là, Celui qui rétablit l’ordre et perçoit le néant intervient en disant : J’ai vu la pierre qui avait traversé la cloche – reconnaissant donc dans la cloche en question, la forme bien caractéristique de la pierre : en forme d’amande – et je pense qu’il faut prendre en compte une chose importante, car j’ai vu dans cette pierre le reflet d’un homme qui ressemble étrangement à ce cher monsieur…

Cécile : À l’homme en creux.

Frédéric : Voilà. Il me semble que je vous ai vu vous, en tout cas c’était votre portrait craché, mais en beaucoup plus vieux. Donc je pense qu’en fait il faut faire attention, de quel côté – vu que la cloche est percée en deux endroits – il faut qu’il se mette et à ce moment-là, l’homme change de côté et on le voit vieillir et en vieillissant, il redevient… au lieu d’être en creux, il redevient en plein.

Frédéric donne deux dés d’aide à Cécile.

Frédéric : Donc ça veut dire que tu peux relancer deux fois un dé, une fois deux dés.

Cécile : Deux fois un dé…

Frédéric : Parmi ceux que tu as déjà lancés…

Cécile : Ouais ?

Frédéric : … tu peux en relancer.

Cécile : Mais les tiens j’en fais quoi en fait ?

Frédéric : Ben en fait on les défausse.

Magali : C’est une nouvelle règle, ça.

Frédéric : Ouais, ça été un petit peu changé, c’est à dire qu’avant tu les lançais et tu les additionnait, là maintenant, simplement ça te permet de relancer les dés que tu veux.

Magali : T’as droit à deux nouveaux lancers parmi tes dés.

Frédéric : Voilà !

Cécile : D’accord. Mais je suis obligée de faire deux, ou pas ?

Frédéric et Magali : Non.

Frédéric : C’est toi qui décide.

Cécile : D’accord.

Elle relance un dé et change un échec en succès, elle a donc 4 succès.

Frédéric : On défausse tout ça (il défausse les dés utilisés), donc c’est une réussite parfaite à 4. Donc et bien on va raconter tous les deux comment on résout ça et ça (montrant les deux dés de Problème sur le Cercle des Couleurs). Donc tu peux commencer à expliquer ce qui se produit.

Cécile : Alors que l’homme en creux qui est redevenu plein lance une note claire à travers le trou créé par la pierre dans la cloche, la cloche se met à vibrer de la même note et à vibrer d’une ampleur sonore assez conséquente…

Frédéric : Et en fait cette note…

… Je te propose…

… c’est le négatif de la note qu’on a entendu en arrivant.

Cécile : Attends, alors là, par contre, j’ai du mal !

Rires

Frédéric : Ah oui, ça veut rien dire, hein !

Frédéric : Du coup les deux se mélangent, s’annulent et recomposent finalement une note pleine, réelle qui fait disparaître le néant dans la maison.

Cécile : D’accord !

Frédéric : Ça te va ?

Cécile : Ouais, ouais.

Frédéric : Et voilà, c’est pas mal comme fin, je trouve ! On peut ajouter :

Le vieil homme qui est redevenu plein retourne dans sa maison, il trouve la pierre au milieu du salon et prend son violon et joue une mélodie.

Magali : Donc son violon a retrouvé des cordes.

Frédéric : Oui. Voilà, qu’en pensez-vous ?

Magali acquiesce.

Cécile : Le mec habite dans une forteresse, quand même !

Rires

Durée totale : 37:15


nov 24 2009

Un forum pour parler d’art

Le voici : http://soyonsconstructifs.forumactif.net

Il est tout neuf, il vient d’éclore.

Ce forum est né de mon envie de poursuivre les discussions que l’on pouvait avoir aux beaux arts concernant nos projets, mais en évitant tout cloisonnement disciplinaire. Avoir des avis de spécialistes de domaines divers de la création peut être une grande richesse.


nov 20 2009

Nouvelles fiches

Voici les dernières fiches de Prosopopée.

J’en avais un peu marre de jouer des Médiums gnangnan, qui soignent le monde de manière pacifiste…

Mais le monde, c’est la guerre et la violence !

Voilà pourquoi j’ai décidé de changer la fiche de perso, le jeu gagne en universalité :


nov 17 2009

Silentdrift FTW !

Voici un petit compte-rendu de la convention de Nancy où nous étions réunis le weekend du 7 novembre :

http://leblogdesens.blogspot.com/2009/11/silentdrift-joutes-du-temeraire.html

Compte rendu par Romaric Briand.


nov 9 2009

Portfolio : Graphisme 2d/3d

Une commande du Centre Auvergnat de formation en Analyse Transactionnelle :

Des couvertures de jeux narratifs :

Un travail en peinture numérique sur Photoshop :

Projet 3d temps réel pour diplôme DNSEP :

Travail du visage (toujours en low polygon)

Maillage du personnage :

Je fais parallèlement un modèle en High Polygons, pour un projet annexe. Voici quelques images :

Avant le lifting :

Après l’opération :

Projet d’animation pour diplôme DNAP :

Il s’agit d’un travail réalisé en 2000, durant mes études de graphisme. J’ai du réaliser à partir d’éléments imposés, le plan d’un stand pour un festival fictif. J’ai donc construit le plan, puis je l’ai dressé en perspective à partir d’un calcul des tangentes vers un point de vue à angle et hauteur précis.

Voici le résultat final, tracé sur un format raisin (65cm / 50cm) :